01 octobre 2007
Délocalisation, qu’en est-il vraiment ?
Le mot qui fait trembler les murs pires que les ouragans, le mot qui tétanise les employés dès qu’il est chuchoté, est évidemment « délocalisation ». Si je m’en réfère au dictionnaire, on peut lire « Installation d'une entité industrielle ou commerciale dans un pays ou une région autre que celui de son implantation d'origine. ». Ce qui se traduit bien souvent pour nous comme étant des pertes d’emplois.
Peut-on agir à notre niveau ? Evidemment, lorsque vous achetez une pomme de terre, est-ce que la provenance est l’un de vos critères ? Sachez que chacun de nous, peut agir, l’union fait la force. Si on achète une pomme de terre Belge, vous faites vivre les agriculteurs belges, et diminuez par conséquent les exportations de ce tubercule comestible. Vous obligez les commerçants à suivre le mouvement, puisque c’est cela que les gens veulent. Malgré cette évidence, le prix reste le critère le plus percutant.
Tant que nous y sommes, approfondissons le sujet sous un autre angle. Il ne faut pas alors s’étonner des conséquences. Au fond que recherche la société, trouver une main d’œuvres moins chère ailleurs. C’est honteux, dégueulasse ! A bon ? Quand vous passez par le Luxembourg, vous profitez allègrement de la baisse des prix sur les carburants, cigarettes et alcools. Les exemples sont légions dans ces petits profits pour tous les pays. Certains n’hésitent pas à faire des kilomètres pour acheter leur voiture au Danemark. Déplacement, vous avez dit ? Pour gagner de l’argent ?
Qui dit main d’œuvre moins chère, ne peut se faire qu’à condition que le pays souffre d’une économie maigrichonne, et malheureusement dans des situations bien dramatiques, au point que la population d’un niveau moyen a du mal à se payer un pain ! Ceux qui ont fait un détour par les pays de l’Est, me comprendront. Par conséquent, installer une société dans ce genre de pays, est synonyme de Solidarité, un souffle d’espoir qui résonne comme trouver enfin du travail là ou il n’y avait plus, pas étonnant qu'il rêve d'Europe, un peu comme nos parents qui rêvaient d'Amérique.
Par exemple : dans le secteur de l’alimentation, vous ne pensez pas qu’ils ont subi tous comme nous, les naissances de grandes enseignes ? Bien sur que oui, comme la disparition des petits commerçants du coin de la rue, qui ne pouvaient plus supporter la concurrence déloyale du rouleau compresseur. Mais n’offre-t-elle pas en contrepartie, un panel d’aliments qui ne pouvaient pas se payer auparavant, un choix à tomber à la renverse, une vraie caverne d’Ali en restant baba. C’est peut être le prix à payer.
Autre souci, ces sociétés en s’installant font vivre la population qui se trouve autour d’elle, main-d’œuvre peu chère. Ou va t’elle se fournir ? Chez les agriculteurs du coin, qui ont eut aussi font vivre des ouvriers. A noter qu’ils ont de gros problèmes à suivre le rythme et la qualité réclamée par les enseignes. C’est d’ailleurs le gros point noir en ce qui concerne les pays de l’Est, la qualité et le rendement. Heureusement comme la Belgique, des pays sont les leaders dans ce domaine, même reconnu mondialement. Voilà ma foi, une des pistes à explorer.
Ces enseignes sont là pour s’enrichir sur le dos des pauvres ! Je ne le crois pas et certains chiffres tentent à prouver le contraire, et que les bénéfices sont plus faibles que par chez nous. Elles l’auraient fait de toutes manières même sans gagner un seul franc, pour une question d’être représenter dans un pays. Si elle ne le faisait pas, c’est la porte ouverte pour d’autres compagnies.
J’entends déjà des voix qui s’offusquent à entendre le mot « solidarité », et mon emploi alors ? Tout à fait d’accord avec vous, mais n’oublions pas quand dans ces pays, la main d’œuvre est péjorativement sous-qualifiée. Il faut que notre état, qu’il soit Belge ou non, prenne les choses en main en recyclant le plus rapidement possible ces personnes pour les former à un autre emploi. Il est plus facile de relancer quelqu’un qui a un passé et de l’expérience, il serait stupide de perdre cette valeur. Cela implique que les gens ne s’apitoient par sur leur sort. Voilà où se trouve le vrai défi de notre société. Pouvoir se réadapter et être gourmand de nouveaux horizons. C’est ce qu’on appelle la flexibilité. Et surtout, surtout, un état capable de reformer les gens rapidement !!!
J’ai bien eu aussi du mal à accepter à l’époque le passage de 15 à 25 pays Européen, les 27 n’ont pas changé grand chose. Cependant, leur rôle est primordial pour relancer l’économie qui a bien du mal à décoller, voir même qui stagne. C’est un peu comme une voiture qui monte une côte, obligé de rétrograder pour accélérer de plus belle en suite.
Et actuellement, à peine 5 ans après, le mot « Délocalisation » a presque disparu des journaux télévisés. Avoué que c’est peu. Pourquoi ? Parce qu’il est suppléé par une puissance bien plus sournoise, la Chine.
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